[Gens de rue] « Avant, quand on en avait marre de la rue, on pouvait dormir en prison. Maintenant, c’est le métro… » Paris (2014)

[People Of The Street] Underground corridor, Paris (2014). Image : © PFRunner 

 

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 Image : © PFRunner 

 

Image : © PFRunner

[Gens de rue] Cabine Saint-Quentin, Paris (2011)

[People from the street] Phone cab Saint-Quentin, Paris, 2011. Image : © PFRunner 

 

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Image : © PFRunner

Roissy, six heures, parmi les échoués (2012)

Roissy-Charles-de-Gaulle airport (Paris), six o’clock. Besides the final stranded (http://bit.ly/rTMtKi), there are those who spend the night just between two planes (2013). Image : © PFRunner

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Roissy, six heures. À côté des échoués définitifs (http://bit.ly/rTMtKi), il y a ceux qui passent juste la nuit entre deux avions (2013). © PFRunner

SDF lisant, ou « La lecture » (2013)

Reading Hobo, ‘Gare de l’Est’ Station, Paris. Image : (c) PFRunner 2013

La lecture by (c) PFRunner

Paris, Gare de l’Est. Image : (c) PFRunner 2013

Voyant cette photo, Julie me dit : — Moi, il me fait penser à un monsieur qui était aussi du côté de la gare de l’est, et qui tirait des wagons de caddies… Mais vraiment, cette photo est magnifique. Et comme il fait avec sa tête… on dirait une peinture de William Blake.

Occupation réquisition d’un immeuble vide, 2 rue de Valenciennes à Paris (2013)

Requisition of an empty buliding for public dwellings by associations. Images © Pfrunner 2013

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(1) La cour. © PFRunner 2013
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(2) Le cours pour les enfants (quand il n’y a pas école). © PFRunner 2013

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(3) La nouvelle chambre de « Sonia ». © PFRunner 2013

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(4) La visite du maire du 2e : Jacques Boutault, Eélv © PFRunner 2013

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(5) Sonia a fait sa 1ère demande de logement en 2004. Elle n’a jamais jusqu’à ce jour reçu de réponse positive. © PFRunner 2013

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(6) © PFRunner 2013

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©PFRunner_DSC5329colrec_800(7) © PFRunner 2013

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Réquisition d’un immeuble 2 rue de Valenciennes à Paris : (8) © PFRunner 2013

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(9) Jean-Baptiste Eyraud, fondateur et président du DAL (Droit Au Logement) © PFRunner 2013

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(10) Quatre militantes du collectif Jeudi Noir  © PFRunner 2013

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(11) Visite de soutien du pasteur Stéphane Lavignotte. © PFRunner 2013

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(12) Une occupante en compagnie de Margaux Leduc, porte-parole du collectif Jeudi Noir © PFRunner 2013

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(12) L’immeuble vu de l’extérieur le 7 janvier © PFRunner 2013

Gens de rue : Yvan.

People from the street : Yvan … — Three years ago, I almost died of cold. I do not know how I managed to get up and walk. Since that time, I cannot spend the night outside in the winter… © PFRunner 2012 Paris

Yvan… — Il y a 3 ans, j’ai failli mourir de froid. Je ne sais pas comment j’ai réussi à me lever et à marcher. Depuis, je ne peux plus passer la nuit dehors en hiver… je me débrouille comme je peux. © PFRunner Paris 2012

« Station » (2012)

« Station » [reference to ‘Stations Of The Cross’, and the rent-a-car ‘station’ in which the man is sleeping…] © PFRunner Paris 2012

« Station. »

Référence aux « Stations » du Chemin de croix, et à la « station » Autolib (location de voiture) qui sert d’abri à l’homme.

© PFRunner Paris 2012

Ian, Luftmensch… (2011)

Ian, Luftmensch… Image : © PFRunner 2011

Mon père soignait les gens qui dorment dehors. J’étais toujours impressionné quand il leur parlait. J’ai dû apprendre à nouer le contact à ses côtés. Ce n’est jamais facile…
Sous le pont, j’ai mis plusieurs jours à oser lui dire bonjour. Quand je lui ai demandé pour une photo, il m’a dit : – Une seule alors.

En le voyant, Claude me dit : – On dirait un Luftmensch*, un homme de rien, léger léger…

* Un mot Yiddish, de Mensch : homme, et Luft : air. Définition : : an impractical contemplative person having no definite business or income.

Why would you be scared of them? They are you, they are me, they are ‘us’……
Paris 2011 ©

Comme quoi le racisme d’État, ça fait des ravages… |RT @samuellaurent 59% des Fr pensent qu’il y a trop d’immigrés en Fr, +10 en 1 an http://j.mp/eLQqf6

Paris, à la cloche céleste (2006)

When Dharma Bums stop and get older. © Paris 2006

K et M dorment dans la rue. J’ai repéré depuis un temps leur tente, juste au-dessus d’une bouche de chaleur du métro. Mais je ne suis pas prêt. Je dois me convaincre qu’en leur demandant de faire leur portrait, je ne leur volerai pas leur âme, à eux les sans-toit et sans-bien. Je sais bien que j’avance sur un terrain miné.

Je retourne l’idée dans ma tête et un jour, ça y est, je suis prêt. J’ai le temps devant moi.

J’approche. Je suis loin encore, le temps de  « faire » quelques images de la place sur laquelle vit le petit groupe d’hommes. Et quand je tourne les yeux dans la direction de M., il me fait – Viens. Je n’ai pas eu le temps de ranger mon appareil photo. Il m’a vu. Je m’approche penaud. Et là, il me dit : – Vas-y, toi, tu peux me prendre en photo…

Chaud et froid sur la place. Je ne peux plus faire demi-tour. Alors je me laisse faire. Je laisse tomber l’appareil dans la poche quand même. Je sais désormais que rien ne presse. Que la question du portrait sera facile à poser.

Nous avons d’abord longuement discuté, de la perte d’espoir, du travail, des amis, de la famille. Puis plus tard de son retour. M. m’a dit qu’une ou deux fois par hiver, son ex-femme accepte que sa fille passe une nuit sous la tente avec son père clochard. Je ne m’empêcher de marquer un temps, mesurer la découverte, imaginer le petit bonheur d’avoir pu, l’espace d’une nuit, prendre sa part de vie de famille. Les autres ont perçu l’émotion. Ils en rigolent : – Et tu le verrais ces jours-là, il nous lâche tous, il ne boit pas une goutte…

Plus tard, c’était facile, c’était normal, j’ai sorti mon petit appareil photo.

M, qui dort sur le même trottoir depuis 14 ans, m’a aussi raconté une belle histoire sur son rapport à l’image. Un soir, il faisait froid, suffisamment froid pour « attaquer » la recherche de journaux. M a l’habitude. Clochards, motards, ceux qui craignent le froid le savent. On le combat en glissant les feuilles de papier journal contre son corps pour s’en faire un matelas isolant. Mais, en commençant à dépiauter son journal, M s’est retrouvé bouche bée face à… lui-même. Il se rappelait bien que peu de temps auparavant, un type les avait pris en photo mais il n’avait pas demandé le droit de la publier. Et cela, M. s’en rappelait.

M. me demandait si je pensais un jour la publier le portrait que j’avais fait de lui. Je n’en savais vraiment rien. – Mais un jour, sans doute, pour faire une expo… Il m’a coupé et m’a dit : – Toi, pour une expo ou même pour un journal, toi, tu peux la publier ma photo. Mais l’autre ne m’avait rien demandé.

….

Un jour, autre histoire, j’avais oublié M.,  je reçois un message d’un conférencier que j’avais pris en photo, et qui avait trouvé trace de son portrait sur Internet. Son message était court et clair. Il me demandait si je pouvais lui envoyer « rapidement » les clichés trouvés, et il ajoutait « au nom du droit à l’image ».

Qu’on me demande son portrait, pourquoi pas. Mais qu’on fasse intervenir là-dedans le « droit à l’image », cela me secouait. En guise de réponse, je lui ai donc expliqué la notion juridique de droit à l’image, étayée de celle que m’avait soufflée M.

C’est dommage, mon conférencier ne m’a pas répondu, comme s’il n’avait subitement plus voulu d’une image sur laquelle il n’avait pas de droit de possession.

«Romain» m’a dit où il dormait…

« Romain » lives under the bridges of Paris. After this photograph, he told me where he slept … and invited me to make him a visit, « whenever I want », « in the case I needed more photos »…

«Romain» vit sous les ponts. Il m’a dit où il dormait… et m’a invité à passer le voir, « quand je voulais »,  « si j’avais besoin d’autres photos »…

© Paris 2012.

L’hiver on dormait en prison… l’été sous les ponts (2006)

During winter, Homeless people used to be under arrest, in order to sleep in jail. In the summer they slept under bridges. From immemorial times, river Seine hosted people from the street… © Paris 2006

Avant, l’hiver, on se faisait arrêter pour dormir en prison. L’été, on dormait sous les ponts. De tout temps, la Seine a accueilli les gens de la rue… © 2006

Quitter la rue : La métamorphose… (2006)

Metamorphosis — One day I showed this picture to somebody who did not get sad: — It makes me happy that he or she will never return to live in his sleeping bag in the street … I immediately thought of a chrysalis that manages to leave his cocoon, becomes a butterfly and fly away in search of a roof … © Paris 2006

J’ai montré un jour cette photo à quelqu’un qui ne s’est pas attristé du tableau au contraire : — Ça me rend heureuse de me dire qu’il ou elle ne reviendra jamais plus habiter son sac de couchage dans la rue… J’ai tout de suite pensé à une chrysalide qui réussit à abandonner son cocon, pour s’envoler en papillon à la recherche d’un toit…

© Paris 2006

Avec ses baluchons…

He got on every morning in the same train from Saint-Lazare Station in Paris. He put his bundled bags on two seats, and his own body on the opposite two seats… Paris © 2004

Il embarquait tous les matins dans le même train à Saint-Lazare. Il posait ses baluchons sur deux sièges et son propre corps sur les deux sièges d’en face… © Paris 2004

Si vous voulez vous en sortir sans vous dégrader petit à petit, vous aurez intérêt à vous foutre complètement de ce que les gens pensent de vous… Notamment si vous dormez dehors. [conseil de SDF à SDF]

If you want to pull through without degrade gradually, you will want to you give a damn about what people think of you… Especially if you  leep outside. [Advice from people of the street to people of the street] © PFRunner Paris, August 2012

© PFRunner Paris août 2012

« Left luggage ». Aéroport Paris-Charles-de-Gaulle.

« Left luggage ». Paris-Charles-de-Gaulle airport.

© PFRunner

Je sais, on me dira, – C’est trop beau, on dirait presque une mise en scène… C’est vrai, à situation « trash », on s’attend à une photo « trash ». Mais ce n’est pas parce qu’on dort sur du marbre et que Roissy est sans doute mieux chauffé qu’un gare, qu’on est sorti de la merde et de la crise pour autant. Ce n’est pas parce que l’image est « trop belle » qu’elle veut moins dénoncer la marginalisation massive des fragiles…

Alors…

Allo le 115 ? – Personne… Le president fondateur du Samu social démissionne.

En mai 2011, le gouvernement annonce une réduction drastique des moyens alloués à l’hébergement des plus démunis. Sur le terrain, le Samu social de Paris constate une baisse de 25 % de ses financements de nuits d’hôtel.

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Une politique de réduction et de privatisation des places d’hébergement est menée depuis l’Élysée et avalisée par Bruxelles au nom de la réduction de la dette publique. Xavier Emmanuelli, le président-fondateur du Samu social (le 115), démissionne en juillet 2011.

Le biffin (2010)

The ragman. Image: © PFRunner 2010

Seine-Saint-Denis, 2010 ©
Le recyclage en tant que petit métier a souffert d’une dévalorisation croissante. Pourtant, les biffins et autres recycleurs professionnels que l’on rencontre encore parfois sur les routes – au gré des crises économiques – sont comme des figures modernes de l’écologie.

Laissez vous transporter…

Disneyland Paris.

 

En haut le rêve. En bas, la redescente sur terre. Paris la mégalopole de 10 millions de gens, Paris où Disney s’est installé, Paris nous met sous les yeux ce genre de scène plusieurs fois par jour. Encore faut-il garder la force de ne pas laisser tomber les paupières. Il faut avoir encore l’énergie d’ouvrir l’obturateur. Pour que les yeux s’ouvrent à nouveau.